LE CONCEPT


 
 
 
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Le concept Saharia

Saharia préconise la fertilisation et la mise en culture biologique de toutes surfaces actuellement arides, susceptibles de devenir cultivables.

Cette tâche vise les buts suivants, qui sont interdépendants :

  • Permettre aux habitants riverains de ces régions de survivre aux changements climatiques
  • Permettre l’accueil de migrants
  • Réguler le climat local par l’humidité
  • Contribuer à la régulation du climat mondial par l’absorption du carbone atmosphérique
  • Résorber le chômage mondial

Les promoteurs du concept Saharia visent les buts suivants :

  • Faire connaître la possibilité de fertiliser des zones arides de façon massive
  • Faire connaître le savoir-faire agroécologique déjà mis en œuvre actuellement
  • Déterminer les régions dont la fertilisation est possible par des moyens écologiques
  • Trouver des appuis pour atteindre les buts précédents, appuis médiatiques et appuis scientifiques

Reverdir le Sahara

Le livre Reverdir le Sahara de Jean-Edouard Buchter, paru aux éditions de l’Aire à Vevey (Suisse), développe les grandes lignes du concept Saharia.

  • Urgence d’un tel plan dans le contexte actuel
  • Opportunité particulière du Sahara
  • Rôle des Etats et des organisations internationales
  • Rôle des media

1. Urgence d’un tel plan dans le contexte actuel

Un plan d’une ampleur exceptionnelle, digne d’un « plan Marshall » doit être envisagé pour sortir du marasme mondial actuel.
Réchauffement climatique, migrations dramatiques, chômage, désertion des campagnes, agrochimie lourde, etc.
Une action puissante et concrète donnerait un but et un idéal à ceux qui veulent entreprendre, résorberait les replis nationaux, influerait sur les paradigmes de la consommation et de la croissance.

2. Opportunité particulière du Sahara

Ce territoire, qui est de loin le plus grand désert du monde, ne fut pas toujours aride. Il fut humide et verdoyant. Un changement climatique provoqua son assèchement progressif entre 10 000 et 5 000 ans avant notre époque. Le très fort développement humain au cours de cette période du néolithique a probablement précipité et agravé cette évolution. L’évolution climatique actuelle tend, semble-t-il à ramener plus d’humidité sur les zones arides du Sahel. Par ailleurs, l’humain a certainement, aujourd’hui plus qu’autrefois, les moyens d’infléchir le changement, et cette fois dans le bon sens.
Quelles sont les paramètres de ce problème ?

L’eau est apparemment le nœud du problème. S’il est certain que l’adduction d’eau est primordiale, ne voir que cet aspect nous amènerait cependant à des artifices d’ingénierie qui seraient aussi catastrophiques que le barrage d’Assouan ou l’irrigation des plaines de la Mer d’Aral. D’autres réalisations du même type sont malheureusement en préparation dans le monde.

Si l’on veut éviter des solutions contre nature, les aspects sociétaux sont primordiaux, et avec eux les aspects agrobiologiques. Terre et humanisme, comme le définit Pierre Rabbi, est le couple dont l’harmonie conditionnera la réussite de cette re-fertilisation du sol saharien.
Il ne s’agit pas de nourrir des populations, mais bien de leur permettre de vivre dignement de leur travail, dans un pays fertile.

Or, si l’on veut une agriculture saine, la base est la génération d’humus vivant. L’agrochimie lourdement mécanisée n’est ni une solution écologique, ni un art de vivre pour une population nombreuse et entreprenante.

Gagner de la terre fertile à partir du compostage de la végétation existante¹, planter des espèces choisies pour leur résistance à l’aridité et leur capacité à capter l’azote de l’air, puis d’autres espèces formatrices d’humus et enfin des plantes nutritives, tout cela est expérimenté sur plusieurs sites, partout dans le monde.

Mais pour une extension importante, telle qu’elle sera nécessaire au vu de la croissance exponentielle des réfugiés des conflits, du climat et de l’économie, un approvisionnement en eau gigantesque sera nécessaire, non pour irriguer, mais pour former l’humus nécessaire.

L’irrigation n’est en général pas une bonne solution écologique. Elle salinise le sol et maintient l’agriculture sous perfusion. Claude et Lydia Bourguignon estiment même que l’irrigation est la principale cause actuelle de désertification². La formation d’humus nécessitera cependant des quantités d’eau énormes. Ce sol humique, couplé à la végétation, retiendra ensuite l’eau. Les nouvelles techniques d’agroécologie telles que la permaculture et l’agroforesterie favorisent cette rétention d’eau. Dès que l’humus sera formé et la couverture végétale développée, l’apport artificiel d’eau pourra être dirigé vers de nouvelles implantations. Le climat local évoluera vers plus d’humidité, ce qui aidera au maintien de l’eau dans le sol.

2. a) Adductions d’eau dans le Sahara

Le livre reverdir le Sahara entre dans le détail et la localisation des solutions exposées ci-après.

Contrairement à la plupart des déserts de la planète, le Sahara possède de formidables opportunités d’adduction d’eau.
Oublions les immenses nappes souterraines fossiles, formées il y a 360 000 ans. Elles sont déjà surexploitées. Leur niveau a baissé considérablement et elles tendent à se recharger avec de l’eau salée.

Il reste cependant un formidable potentiel hydraulique non exploité :

Les eaux de ruissellement qui tombent sur les massifs du Hoggar, du Tibesti, de l’Aïr et de l’Atlas et se perdent en grande partie en évaporation dans des plaines infertiles.

Les eaux des fleuves tropicaux qui bordent le Sud et l’Est du Sahara, et dont les crues sont perdues. L’utilisation de cette eau nécessite un immense travail de concertation avec les pays concernés de façon à ce que la valorisation de cette eau se fasse dans un processus gagnant-gagnant. Aucune personne ne doit être perdante dans cette démarche.

Les eaux des embouchures qui sont douces et se perdent dans la mer, sans être revendiquées par personne. Leur pompage dans le désert nécessiterait peu d’énergie car les plateaux du Sahara se situent à faible altitude. L’énergie éolienne et solaire ne manquerait pas pour alimenter ce pompage. Certaines plaines sont même en dépression et ne nécessiteraient aucune énergie de pompage.
Un projet audacieux est de transporter l’eau des embouchures par tankers vers des terminaux où elle serait pompée à l’intérieur des terres. Une analyse de cette possibilité est exposée dans le livre Reverdir le Sahara : une estimation sommaire permet de saisir à quelles conditions un territoire grand comme la Belgique peut être arrosé jusqu’à ce qu’il devienne fertile.
Deux projections sont particulièrement favorables : l’acheminement de l’eau du Rhône vers le Golfe de Gabès et l’acheminement de l’eau de l’Amazone vers les côtes de Mauritanie ou du Maroc.

3. Rôle des Etats et des organisations internationales

3. a) Volet politique

Les pays concernés au premier chef sont évidemment les pays du Maghreb et du Sahel, en fait tout le Nord de l’Afrique. Il s’agit du développement essentiellement agroécologique de leurs territoires actuellement habités. D’autre part il s’agit de la fertilisation de nouvelles terres dans le but d’y accueillir essentiellement des populations réfugiées ou déplacées.

Sont concernés en second lieu, les pays d’Europe et ceux du Proche Orient.

En troisième rang, tous les pays du monde sont concernés par un concept qui tend à résoudre les problèmes migratoires et à résorber le carbone atmosphérique.

La base institutionnelle de la mise en œuvre de Saharia est un partenariat entre les Etats sahariens et les Etats européens. La supervision de ce partenariat doit incomber à l’ONU. La phase initiale est l’établissement de contrats entre l’ONU et les Etats sahariens qui voudront mettre des terres désertiques à disposition pour l’accueil de populations déplacées et de migrants.

En résumé, des organismes comme l’OUA, l’UE et l’ONU sont pleinement concernés. L’ONU en particulier devrait assumer la responsabilité de la gestion de l’ensemble du projet, et gérer en particulier les implantations de migrants et de populations déplacées. Ceux-ci pourront provenir depuis l’autre bout de la terre, en fuite devant la montée des eaux ou les conflits armés. L’ Union Internationale de la Francophonie devrait devenir le relais promotionnel de ce concept.

Prendre le problème migratoire et le problème terroriste à leur racine, c’est s’occuper de l’avenir de la jeunesse qui est poussée dans les banlieues d’Afrique et d’Europe par la désertification, le chômage, l’industrialisation, l’agrochimie mécanisée et l’acculturation.

3. b) Volet techno-scientifique

Ce qui précède nécessite une étude d’envergure incluant quantité de disciplines dans le domaine de l’agriculture, du génie civil, de l’hydraulique, des sciences humaines.
A partir du moment ou on réalisera l’importance du concept Reverdir le Sahara, une étude interdisciplinaire devra englober plusieurs centres de recherche. Le pilotage de ce réseau incombera à un institut, idéalement situé dans une école polytechnique. Tous les pays du Maghreb et du Sahel sont soit partenaires de la Francophonie, soit orientés vers le français comme langue internationale. Le centre de pilotage devrait donc se situer dans un pays francophone.

3. c) Volet sécuritaire

La sécurisation des territoires est le préalable à une action constructive sur ces territoire. Elle deviendra quasi inutile à terme. Mais plus on attendra et plus cette sécurisation sera lourde et meurtrière.

3. d) Volet financier

Reverdir le Sahara est une planche de salut pour la société de demain.
Les moyens de le faire devront être trouvés tôt ou tard. Plus tôt ils seront mis en œuvre, moins les souffrances humaines et les déprédations du climat seront grandes. La Banque Mondiale, les Etats d’Afrique et d’Europe seront mis à contribution.
Lorsque les conditions seront pressantes (mais elles le sont déjà), cet effort pourra prendre la dimension d’un effort de guerre. La conversion des dépenses de luxe versus les dépenses de fertilisation sera alors à l’ordre du jour.

3. e) Volet psychologique

Aujourd’hui, la jeunesse a peu de perspectives enthousiasmantes et rassembleuses. Son avenir paraît de plus en plus instable.
Un projet écologique pionnier, débouchant sur un mode de vie naturel et sain, une source d’emplois où ils seront les bienvenus, cela leur donnera de la joie et de la confiance. Cela mettra du soleil dans la grisaille, le béton et les écrans tactiles.
La fertilisation d’un désert ne sera cependant pas une promenade du dimanche. Il y faudra une volonté farouche de tous les participants.
L’administration de ces implantations sera sous contrôle de l’ONU qui veillera à les protéger sans faille du coulage et de la corruption.
Passé le stade de l’implantation proprement dite, la dynamique économique devra reposer sur un développement contrôlé de la libre entreprise et d’une saine concurrence.
L’aspect culturel est primordial. Chaque diaspora devra pouvoir développer sa propre culture en harmonie avec les autres cultures. C’est pourquoi des centres importants seront préférables à la dissémination de pionniers isolés.

4. Rôle des media

Le but le plus immédiat du concept Saharia est de faire réaliser au plus grand nombre de personnes possible, qu’il est faisable et urgent de reverdir le Sahara.
C’est pourquoi la médiatisation de ce concept est essentielle. A partir de là, des initiatives seront prises, des pourparlers, des projets et des plans, puis enfin des réalisations.
Nombre d’actions exemplaires sont déjà en cours. Ce qu’il faut c’est décupler, puis centupler cet effort. C’est se rendre compte qu’on joue là l’avenir de la société, la survie, la décroissance des guerres, du terrorisme et du chômage.
Ce n’est ni la colonisation de Mars, ni le perfectionnement des smartphones ou la conduite automatique des voitures qui joueront ce rôle.

Puissent les média le dire.

SAHARIAconcept

Est disponible pour des entretiens, interviews, exposés.
Commandez le livre Reverdir le Sahara (voir rubrique ad hoc).
Communications à l’adresse jed.buchter@gmail.com

Notes

  1. Bernard K Martin Les enjeux internationaux du compostage L’Harmattan Paris 2000. On consultera aussi ses sites : planethumus.com et agrihumus.com
  2. Claude et Lydia Bourguignon Le sol, la terre et les champs Sang de la Terre Paris 2009 p.38